185  posté le vendredi 20 mars 2009 02:54

Jason et moi, un entrelacs de mots, une vague montante de désir, une vague innocente de ses lèvres à mes lèvres, de son assurance triste à ma tristesse assurée…
Un corps à corps sans fin…

Jason et moi, une histoire de rien, de tout et par-dessus tout de vide, à moins que ce ne soit une histoire de vie plus que de vide…

J’étais sa folle, cette femme qui avait sauté du pont, qui sauterait encore… et pour qui tout n’était qu’une question de seconde…

Il était ma dernière seconde. Il était cette éternelle seconde qui me retiendrait toute ma vie, qui devait me retenir de rejoindre les cadavres qui peuplaient le cimetière dans lequel nous nous tenions…

Il était ma raison quand tout n’était que déraison…

Il était tout ce qui restait de moi, tout ce qui resterait après moi hormis le marbre blanc sur lequel trônerait avec fierté mon nom, ma non existence.

Il était celui qui passait ces doigts sur ma peau en larmes, celui qui buvait mes larmes, mes mots, mes délires, ma noirceur fébrile qui le rendait lui esclave de ma fragilité incandescente.

Il était là à nouveau, il m’avait suivi comme on concrétise un pacte avec le diable… Il était là et de toute la douceur, de toute l’horreur que j’avais en moi, de tout ce que j’aurais du lui dire, il ne restait face à sa présence que l’urgence, la peur morbide de perdre encore ou pire l’urgence que seule laisse le désir… Le désir qui remonte comme une vieille vague, une vieille histoire d’amants, d’aimants où comme toujours je joue la démente…

Bois amour, bois à la source du mal, goutte à mon âme… goutte à ma médiocrité, donne moi ton éternité puisque la mienne n’a pas d’existence… Laisse-moi prendre amour, juste une fois…

Baise mes lèvres jusqu’au sang, regarde mon sang… goûte le prix, l’odeur de ce qui coule, hémorragie éternelle dans mes veines… Prends mes cris, ma jouissance si tu peux car aux fond, tu sais comme je mens, tu sais comme je suis fourbe… tu sais comme je pleure, comme mes cris sont notre horreur, le reflet d’un pauvre passé, de mes morts dont mon cœur chérit jusqu’à l’essence… Délivres moi si tu le peux, moi je ne peux…

Baise moi puisque l’on en est arrivé là, ôte tout de moi, ne laisse que l’impur, l’impudeur de mon corps nu sur le marbre d’un des fantômes de mon passé. Imprime le fantasque de ta présence, le fantasme de ta non absence… Rends moi à ma vrai définition… Laisse moi impure te dis je … morte tout ce que tu veux… peu importe, amour, tout importe, tout m’emporte…

Amour, pourquoi cette empreinte triste, pourquoi là… Pourquoi me regardes tu comme si tu venais de me perdre, ne vois tu pas que l’on se retrouve… Du marbre au lit… de la froideur du canon sur ma peau à l’empreinte que tu laisses en moi, il n’y a point de différence…

Mens moi, écris le mensonge de ton bien être sur mes lèvres, disparais amour, laisse apparaitre l’autre, celui qui se cache dans tes yeux… Délie ta langue de ta bouche à la mienne… écris la vérité…

Le péché ne passe pas, il ne s’efface pas, il s’échange, il se remplace, d’un péché à un autre, l’homme ne fait que courir…

Si tu savais comme je te vois, amour… comme je lis avec évidence l’effroi qui t’anime devant les spasmes de mon corps… Si tu savais comme je sens la présence de tes mains qui écrivent sur les monceaux putréfiés de mon être, sur mon corps qui se met à nu en proie à la fureur sauvage, fureur dont tu n’es pas exempt de culpabilité… Tu n’avais pas qu’à revenir… tu n’as plus le choix maintenant, alors vas y tue moi, fais moi vivre encore et encore… maintenant à même le marbre…

 

Les sens en éveil, amour, je te cherche sans te trouver, tes mouvements me perdent, me prenne, j’entends ton cœur, si près du mien… Ils battent à l’unisson se me semble, le mien calquant ton rythme… Je me souviens d’une main le long de ma poitrine mimant le rythme d’un cœur, reproduisant le battement saccadé du sien, c’était comme ça qu’il m’avait dit je t’aime la première fois sans mots, je crois, à moins que ce n’était qu’un je te veux… La violence va si vite, on monte vite les échelons, l’escalade ils appellent ça… Au début le jeu est simple, il suffit de tirer la première balle et après le jeu devient marginal et on tire plusieurs coups. On se ment avec des mots, on s’engouffre dans n’importe quoi pour échapper à hier, à ce que l’on a fait et qu’on refera.

-Elina, je t’aime, je voulais que tu le saches même si tu le sais, je voulais juste que le jour où tu en douteras, que tu te rappelles que je l’ai dit, que je l’ai dit devant les morts, devant les vivants, devant toi. Je voulais que tu saches que je t’aime pour toi, que je te vois, je sais comme tu souffres et j’aime ta souffrance, j’aime chaque nuance…

Moi de fondre sur ces mots, sur ces mots avide de non sens, avide de moi et d’en un murmure de répondre :

-Jason, ne m’aimes pas, ne m’aimes pas comme je ne t’aime pas…comme je t’aime…

Et les larmes, les traitresses de se fondre au baume sucré de ses lèvres, à son odeur envoutante qui glisse entre mes lèvres tandis que je m’épuise à écrire les mots que je ne peux dire de mon corps. Ses bras m’enserrent plus fort, mes lèvres qui cherchent, questionne toujours plus loin… toujours plus près de l’autre… du souvenir intact qu’il éveille en moi… Je ne sens même pas la fraicheur de la nuit qui approche sur ma peau, j’entends juste le froissement de draps de soie, ma vraie première fois. Et Jason qui me rappelle à la réalité…

 

-Tu n’es pas obligé, tu n’as pas à t’excuser, à dire, à rendre mes mots, mes gestes, tu ne me dois rien, surtout pas ton corps ni ton cœur, je connais ta liberté, je lis son prix dans tes yeux. Elina, c’est mois qui suis désolé de t’avoir confessé cela encore une fois, je sais combien mon amour te blesse dans le fond parce qu’il te force à tenir debout et que moi grand égoïste j’en use et j’en abuse quitte à t’user toi.

Jason chaque mot si tu savais comme tu comprends, comme tu entends mes larmes sordides, ma propre absurdité au final.


-Oui je t’aime évidemment que je te rends chaque mot, oui je veux tout de toi et oui encore l’admettre me tue à vivre…

 

Mais voilà je préfères me tuer à vivre que d’éteindre ma souffrance… je préfères t’offrir mon corps étendu sur le marbre froid dans la nuit grandissante, je préfères les fantômes aux aimables formes que réveille ta présence en moi plutôt que de laisser mon corps à l’impudeur publique, plutôt que de l’offrir en pâture à un monde qui n’a jamais voulu de moi, à moins que ce n’aies été que l’inverse. Quitte à me faire dépecer, je préfère de loin l’être par tes soins passionnés que par la vie qui ne m’a déjà que trop pris. Non comptant de m’arracher à moi-même, elle m’a ôté mes parents, mes envies et petit à petit elle a sucé tout ce qui me donnait corps et sens. Alors suce donc ce que tu peux, prends ce que tu veux. J’adore, j’idolâtre au-delà de toi le souvenir que tu fais naitre.

 

 

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Tous les commentaires de l'article:
185

  • Even***

    ven 20 mar 2009 03:22

    fiou tu m'fou la larme à l'oeil n__n J'te jure c'est tellement beau. C'est tellement toi aussi. Et puis lire ça avec la musique de Bach, tu veux que je me noie XD L'impossible n'est rien face à de tels mots. S'ils pouvaient exister une seule seconde d'éternité dans nos âmes éperdues et tristes et ne jamais s'éteindre. Serait ce trop demandé ? Tu perces à vif mon coeur et mes sentiments avec cet articles. Tout est tjs plus beau dans cette vie qui s'imagine sous nos doigts.


 

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