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158  posté le vendredi 23 janvier 2009 22:33

-Ca veut dire qu’à partir de rien, on peut devenir tout. Tout ce que les hommes frêles et bornés de cette terre n’oseront au combien jamais entrevoir et imaginer. Oui, toi et moi, on peut décider de vivre la vie que l’on s’est imaginée ou ne pas le faire. Parce que rien n’y personne ne pourra nous en empêcher. Je prends tellement conscience dans cette espère de promesse silencieuse que je peux et que j’ai le droit d’être libre et d’aimer ça. De concevoir la liberté comme je l’entends, ou de rester prisonnière de mes propres chaines. De vivre ou de mourir, d’avoir ou de ne pas avoir le choix. De te revoir ou de ne pas le faire non plus. C’est complètement dingue de sortir des choses pareille alors que j’étais à deux doigts de sauter il n’ya même pas une demi-heure. Je le sais et pourtant, j’m’en fou. Ce n’est pas le genre de connerie qu’on pourrait te raconter comme quoi face à la mort tu es toujours plus lucide sur le reste ? Non, absolument pas. Tu as toujours été lucide, mais tu ne savais pas t’en servir. Tu voyais toutes ces choses et tu ne voulais pas les croire parce qu’on te donnait des ordres, qu’on te désignait tes choix, qu’on te rangeait dans une case. Une cage dorée de superficialité honteuse pour recouvrir ta gênante présence qui remonte avec elle tout ce qui n’est que vérité dans les bas fonds de ce monde. Tout ce qui est ta vérité, la tienne, l’unique. Et au mon dieu comme tout m’a parut clair dans notre échange. Je suis seule pour toujours et à jamais et j’aime de savoir ça. J’aime n’être que ma propre décision.

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159  posté le vendredi 23 janvier 2009 22:37

Et je marchais en cercles, avide. Bouillonnante sous la glace de cette pluie témoin. Et je déversais violemment, brutalement, à vif et un à un les cris de mes silences.

-Je me haïrai probablement pour toujours et oh combien est douce et suave cette haine que je n’aurais plus à feindre. Et paradoxalement, oh combien j’adorerais cette haine parce qu’elle sera devenue ce que je suis à part entière. Et qu’elle m’autorisera à être triste quand il ne le faut pas et heureuse lorsque tout est vain.

-Je comprends parfaitement ce que tu veux dire, je sais qu’il est stupide de dire que l’on comprend… mais ce n’est pas une réponse vide que je t’appose…Ce n’est pas la première fois que je tente de mettre fin à ma vie, en fait c’est la troisième, la première fois, c’était dans une baignoire, un homme m’en a sortie, la seconde fois, j’ai voulu me jeter du haut d’un pont, un autre m’en a sortie. Mais à chacune de ces fois, je n’avais pas fait un pas comparé à la seconde d’avant. Je ressortais vide et sans espoir parce que ces gens qui me relevaient ne me comprenaient pas même l’homme que j’aimais. Ils m’apposaient leur vide, leur silence, leur semblant de compréhension quand leur regard traduisait une peur viscérale de ce que j’étais. Une peur que j’avais avant de te rencontrer quand je croisais mon propre regard dans un miroir, une sensation malfaisante de marginalité, de solitude béante.

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159  posté le vendredi 23 janvier 2009 22:40

-Mais cette nuit, cette nuit ce que tu m’as offert, je ne sais pas vraiment comment, ton histoire, ton vécu m’a donné envie d’être moi-même, de ne pas me mentir, d’être ce que je veux sans me soucier de ce qu’ils veulent, peu importe après tout qu’ils ne comprennent pas qu’ils ne me voient pas si moi, moi je me vois quand mon regard croise le miroir, si je me reconnais et si je ne me fais pas peur à moi-même. Peu importe si je me fais horreur, j’accepte mon horreur, j’accepte jusqu’à la douleur qui me ronge, parce que c’est ça moi… c’est cette carcasse qui se pensait vide mais qui en réalité existe de par ces plaies purulentes, hideuses, macabres, certes mais vivantes, plus réelles que tout le reste, plus réelles que tout ce que j’ai voulu me faire croire. Et quand tu parles de choix, je te comprends là encore. On ne doit pas se laisser emprisonner par une société masquée, une société d’hypocrites cyniques, bas, qui ne se connaissent pas eux-mêmes parce que nous on a la ferveur de se reconnaitre dans nos faiblesses quand eux passent leur temps à combler leur vide avec d’autres vides, plus grands, plus dévastateurs, plus consommateurs, ils se laissent happer par le système. Quand bien même ils en seraient conscient et le rejetterait, leur anticonformisme même serait dicté par la société. Alors je veux être ce que je suis, au diable la société, au diable les gens. Je veux être par et pour moi-même.

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160  posté le vendredi 23 janvier 2009 22:41

Je me suis arrêté de tourner trouvant dans sa réponse un parfait emboitement. Et puis je me suis avancée vers elle et le plus naturellement du monde, je me suis aussi assise le long de notre faille commune.

-Qu’importe la façon je m’envisage. Et qu’importe si personne ne me voit. Je le ferais pour moi-même et ça suffira. Et ça voudra tout dire.

 

Mais l’heure n’était plus aux délibérations. Il était temps d’agir. De mettre à l’épreuve ce par quoi nous allions devoir survivre. J’inspirai une ultime fois l’air éternellement pollué en fermant les yeux. J’étais moi, au dessus du monde, au dessus de tout. Et je n’avais plus peur.

 

Ces quelques mots avaient était une nouvelle bouffée d'air. Oui c'était ce que j'allais faire, j'allais courir après moi même. Etre enfin pour moi, par et pour moi. Je n'aurais plus peur de me montrer en intégralité. Je n'aurais plus peur de regarder en arrière, je finirais par rattraper ce qui me manquait terriblement, ce qui était enfoui là sous les neiges éternelles de mon cœur, ce qui était depuis cette nuit là à New York. Oui Lake Geneva m'avait donné des réponses. Elle m'avait offert une rencontre unique, elle m'avait offert Sydney ?

Car quelque part, Sydney Coburn me restera immortelle.  

« Ce sera l’unique évidence de ma putain de vie »


 

 

Fin du cross-over

Jespère que ca vous aura plu en tout cas autant qua moi et Even à lécrire

 

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161  posté le mardi 27 janvier 2009 21:49

D’une certaine façon j’avais toujours su que j’en arriverais à cette extrémité là.

La seule chose que je n’avais pas prévue était d’en revenir, à cause de cette fille, je ne l’avais pas prévue dans mon scénario, je n’avais pas prévu les gens en général…Je n’avais prévu ce qu’ils me feraient ressentir, elle comme Jason. Je n’avais pas prévu qu’elle me ferait ressentir ce battement d’âme le soir où j’avais décidé de franchir la limite, un battement frêles certes mais un battement tout de même, un battement suffisant pour inaugurer pire : la survie, la survie volontaire dans ce monde vide, vidé de tout espoir… Peut être était ce cette flamme qu’elle avait allumée en moi sans le savoir, l’espoir…

Outre cela, elle m’avait clairement ouvert les yeux sur la vie, le vide, la banalité angoissante et définitivement déplorable de mes sentiments. Moi qui avait toujours voulu vivre intensément, ressentir les choses intensément, j’avais passé ma vie à rejeter les autres, à bannir tout sentiment dangereux, tout ce qui aurait pu me faire franchir la frontière, cette frontière même à laquelle j’aspirais… Je m’étais contenté de tout refouler, ne pas prendre de risques pour ne pas perdre. Se contenter de se vider petit à petit dans une longue et déliquescente chute pour ne pas se perdre. Au final c’était moi que j’avais perdu dans ce processus, c’était moi que j’avais perdu de manière plus ou moins définitive. Mais m’étais vraiment perdu, peut on perdre quelque chose que l’on ignore.

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