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167  posté le mardi 27 janvier 2009 23:48

Nouveau changement de scène. Je suis assise sur une chaise, la pièce est sombre, il n’y a personne, juste du vide, un sentiment de mort. Rectification, je suis attachée à une chaise, j’ai les lèvres en sang, mal au ventre, une douleur que seuls des poings peuvent infliger. Dans ma nuit, il est là, debout attaché au mur. Il pleure, il est intact, evidemment…

Il fait non de la tête,

-on mourra ensemble, c’est fini, plus jamais, je ne ferais ça...

 Je souris, j’avale le sang… Dans ma nuit, un chalumeau éclaire, dans ma nuit, une lame passe sur le chalumeau. Seul reste mes cris. La nuit a disparu, seul reste la douleur. Dans ma nuit, il n’y aura peut être plus de nuits. Ou alors je céderais, et je ferais ce que je dois faire, ce qu’il est immoral de faire, mais que je suis contrainte et forcée de faire. Je l’ai déjà fait de toute façon. Oui, ce ne sera que réitérer, il me suffira de plaquer ce visage sur tout les autres, il me suffira d’aimer assez pour réparer tout le reste. Se noyer dans l’amour et la haine. Se noyer dans la cruauté que seul l’amour pousse à exercer. Je t’aime à la vie, à la mort.

-d’accord…d’accord…arrêtez… je le ferais, et tu me suivras…avais je dis.

Il a hurlé plus fort que moi, la brulure sur son bras, le sang qui coule en même temps, drôle de sensation, qui renvoie à la mienne…nos souffrances l’une dans l’autre, une lame, brulante, étouffante. J’aurais pu mourir mais lui, lui, il n’était pas pire que moi. Il n’avait connu que ça toute sa vie, la violence, l’oppression. Je pouvais le sauver. Je ne pouvais plus, mais je paierais ma faute, je gagnerais ma rédemption en devenant son ange dans ses nuits infernales, je soignerais toute ses plaies de mon corps, de mon âme, de ma souillure éternelle…

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168  posté le mercredi 28 janvier 2009 00:11


Découvrez -M-!

 

Encore une fois les décors avait vacillé, on était, je ne sais pas où, j’étais couverte de larmes, je tremblais avec la frénésie d’une hystérique… J’entendais les revolvers… les bruits de couteaux, j’avais côtoyé pas mal de malades, j’en étais une. Mais j’avais trahi. On entendait les sirènes. Je n’entendais plus que ça. Les pas réguliers de la brigade spéciale, métronome de la scène, régulateurs, fauteurs de trouble. Je me tenais prostrée au sol, en délire rationnel aurait dit certains… Mes mains sur les oreilles, me balançant d’avant en arrière… Une voix, une voix familière :

-c’était votre devoir, on effacera tout de cette épisode, on vous le promet, on effacera votre casier, ce que vous avez été, même tout ce qui l’a causé, le début de l’histoire en somme… Venez… Vous avez juste besoin de temps, je sais, les souvenirs sont durs, mais dites vous que sa mort, c’était l’un de ses dégâts collatéraux inévitables. Il ne vous méritait pas, Elina. Vous pourrez continuer à travailler pour nous, les connaissances que vous avez développées sur le milieu, sur les gens sont impressionnantes. On vous adjoindra les services de nos meilleurs psychiatres.

Je n’écoutais pas, je n’écoutais plus. Il m’avait menti, il était comme eux, il avait joué avec moi. J’étais un jouet… J’étais un jouet lucide.

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169  posté le mercredi 28 janvier 2009 00:16



                       Musique : Let me sign, Robert Pattinson

 

 Oui, contrairement à ce qu'il croyait, j'étais consciente des choses alentours, et sa voix n'était en aucun cas un apaisement, juste une rupture de silence, rupture pour ne pas dire les choses comme le silence les aurait dites ... En effet, alors qu'il parlait les cris autour, les sirènes, les hurlements, tout avait cessé. Cependant de nouvelles sirènes semblaient approcher, des sirènes au goût de douleur, de mort contrairement à celle de toute à l'heure qui hurlait le combat et la haine, ces sirènes là se nourrissait de l'après bataille, elle n'était rien d'autre que  les fameuses ambulances qui venaient récupérer les déchets…

Il y en avait plusieurs, dont une pour moi. Des hommes en blanc s’approchèrent, prévisible, j'étais folle de souffrance. L’inspecteur barra le passage brandissant son insigne et exigea de monter avec moi, nous rejoignîmes l’ambulance et il continua son baratin, ses tentatives pour combler d'insignifiances absurdes le vide de la mort, le vide tout court que j'exprimais avec clarté et qui evidemment encore une fois le rapeller à ses propres pertes, à sa propre existence merdique de flic.

 J’avais mal partout, j’avais mal au cœur, j’étais sur le point d’exploser, je réalisais avec effroi que j’étais couverte de sang, son sang, peut être, du sang qui appartenait aux fameux dommages collatéraux. Je crois que c’est là que j’ai réalisé, à ce moment là parce que non seulement je pleurais, non seulement je tremblais, mais tout était soudain sans issue, j’avais conscience du vide, de la douleur, je riais, je hurlais, je n’étais plus…

Oui, je crois qu’au moment où j’ai poussé mon premier cri, j’ai réalisé que j’étais en vie et qu’il ne l’était plus. J’avais poussé mon premier cri comme les enfants à la naissance pour signifier qu’il était en vie, une vie qu’il ne contrôlait déjà pas, une vie morte. Quand un enfant naissait, il signifiait la vie, mais il était aussi la mort, la mort de sa vie d’avant au chaud, dans sa coque protectrice.

Dès son premier cri, l’enfant s’exposait à la souffrance et la signifiait au monde. Je faisais de même, je signifiais l’horreur, je signifiais la souffrance. Je signifiais que tout était fini. Je ne sais plus peut être que j’avais commencé là, finalement, mon cercle vicieux de douleur par ce cri. Ce cri qui se répercutait dans le soleil clair d’un nouveau matin ou plutôt d’une nouvelle après midi.

 

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170  posté le mercredi 28 janvier 2009 00:26

Il était 14h.

Détail insignifiant, je sais.

Ce n'était qu'un cauchemar.

Et il était 14h.

J'étais dans un motel de Lake Geneva.
J'hurlais au matin, ma nouvelle existence, mes nouveaux cauchemars, mes fameuses 
réminiscences passées... ou pas.

C'était peut être juste un rêve, je n'en avais que des brides, désormais que le jour était entrer par effraction dans la pièce. Il avait effacé ce qui durant la nuit était plus que clair. Il avait effacé les détails, les contours, l'histoire, les faits, seul restait la sensation.

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171  posté le mercredi 28 janvier 2009 00:47

 Ce début de journée aurait du être dur, mélancolique mais il ne le fut pas, j’avais encore les leçons de Sydney en tête. J’étais encore éternelle, au moins aujourd’hui. J’avais des forces, des envies. Je voulais sentir le jour sur ma peau, la nuit qui tombe. Je voulais être ivre de vivre, sentir la vie dans mes veines. Je m’habillais en hâte. Je voulais trouver ce que j’étais venu chercher à Lake Geneva, mes fameux souvenirs.

En descendant en bas, une scène me frappa, un couple assis dans un bar… l’expression du jeune homme surtout, son assurance, ses lèvres étirées en un mince sourire en coin, son air moqueur, et ce profond désespoir qui perçait dans ses yeux malgré toutes ces tentatives pour le cacher. Il me remarqua à peine, trop occupé à embobiner sa moitié surement, de mots, de sincérité troublante jusqu’au piège final, celui où on tombait rarement seul, l’amour, cet amour véritable qui ne se concrétise qu’à deux.

Evidemment que je pensais à ce que j’avais laissé là bas.

Evidemment que je pensais à lui.

J’avais brisé le lien, j’avais fait de notre amour une fumée, une illusion.

Peut être aurait je du prévenir cette fille avant de sortir sur ce jeu dangereux auquel elle jouait délibérément. J’aurais du à l’un comme à l’autre leur compter l’amour, l’amour souffrance. L’amour torture, déchirure, qui se résumait dans l’expression courante avec perte et fracas.

Peut être avais je eu raison de me taire, peut être devais on tout expérimenter pour mieux s’en libérer, pour mieux se libérer soi, tel quel.

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