Nouveau changement de scène. Je suis assise sur une chaise, la pièce est sombre, il n’y a personne, juste du vide, un sentiment de mort. Rectification, je suis attachée à une chaise, j’ai les lèvres en sang, mal au ventre, une douleur que seuls des poings peuvent infliger. Dans ma nuit, il est là, debout attaché au mur. Il pleure, il est intact, evidemment…
Il fait non de la tête,
-on mourra ensemble, c’est fini, plus jamais, je ne ferais ça...
Je souris, j’avale le sang… Dans ma nuit, un chalumeau éclaire, dans ma nuit, une lame passe sur le chalumeau. Seul reste mes cris. La nuit a disparu, seul reste la douleur. Dans ma nuit, il n’y aura peut être plus de nuits. Ou alors je céderais, et je ferais ce que je dois faire, ce qu’il est immoral de faire, mais que je suis contrainte et forcée de faire. Je l’ai déjà fait de toute façon. Oui, ce ne sera que réitérer, il me suffira de plaquer ce visage sur tout les autres, il me suffira d’aimer assez pour réparer tout le reste. Se noyer dans l’amour et la haine. Se noyer dans la cruauté que seul l’amour pousse à exercer. Je t’aime à la vie, à la mort.
-d’accord…d’accord…arrêtez… je le ferais, et tu me suivras…avais je dis.
Il a hurlé plus fort que moi, la brulure sur son bras, le sang qui coule en même temps, drôle de sensation, qui renvoie à la mienne…nos souffrances l’une dans l’autre, une lame, brulante, étouffante. J’aurais pu mourir mais lui, lui, il n’était pas pire que moi. Il n’avait connu que ça toute sa vie, la violence, l’oppression. Je pouvais le sauver. Je ne pouvais plus, mais je paierais ma faute, je gagnerais ma rédemption en devenant son ange dans ses nuits infernales, je soignerais toute ses plaies de mon corps, de mon âme, de ma souillure éternelle…




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