182  posté le vendredi 30 janvier 2009 14:53

Sa mère aurait trouvé ça stupide en tout cas. Il avait toujours supporté le poids de son nom, Jason Cavanno, fils d’Abe Cavanno, redac chef du Times et de Roger Cavanno, célèbre journaliste télévisé animant une stupide émission insipide de débats suivies par tout américain qui se respect mais Elina n’avait rien demandé à ce sujet et ne connaissait surement pas ses parents, il était juste Jason. Mais une part de lui se sentait responsable pour cet article parce qu’il était dans le journal de sa mère.

Arrow Road était son dernier espoir. Elina était son dernier espoir.

A croire que l’ironie s’acharnait aujourd’hui, parce qu’en voulant vers Arrow Road, je m’étais retrouvée près d’un cimetière, à l’entrée d’un cimetière, c’était dans ce genre d’endroit qu’elle m’avait dit au revoir ou plutôt adieu.

Je ne sais pas pourquoi, je suis entré dans le cimetière...

Je ne sais pas pourquoi, mais les cheveux auburns me sont apparus, elle était de dos accroupie près d'une tombe... Ses cheveux me semblaient plus long que dans mes souvenirs... Elle était dans son manteau bleu, le même qu'elle avait le jour où elle m'avait quitté... alors c'était elle.

Je ne sais pas pourquoi elle était là...

Je n'étais pas sure qu'elle soit là, pour de vrai.

Vraiment l'ironie s'acharnait...

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183  posté le vendredi 30 janvier 2009 15:33

Musique relancer si nécessaire durant scène retrouvaille

 

Je ne savais pas quoi dire, je n’étais qu’à demi conscient de sa réalité… Elle était penchée sur cette tombe, à quelques millimètres de moi. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire… Je ne savais même pas pourquoi elle était là, je regardais ses cheveux auburn effleurait mes jambes, le marbre noir se tacher de petites gouttelettes d’eau… Elle pleurait, je la trouvais si belle quand elle pleurait, je fermais les yeux me remémorant son visage en larme…

Je restais là près d’elle espérant qu’elle saurait, qu’elle sentirait parce qu’il n’y avait juste aucun mot pour ça.

Je restais les yeux fermés retraçant la perfection de son âme qui se traduisait dans les traits fins de son visage.

J’aurais aimé lui dire combien elle m’avait manqué, combien je l’aimais, combien j’aurais aimé être là même si je ne pouvais rien faire. Je voulais juste lui donner mon amour, peu importait ce qu’elle me rendrait et ce qu’elle ne me rendrait pas.

Peu importait oui…

J’inspirais l’air, tentant de trouver le courage d’esquisser un geste, un mouvement, quelque chose qui dirait je t’aime, je serais toujours là. Mais mes yeux restaient toujours clos, dans ma tête, je continuais de fredonner l’air de musique… celui qui me faisait penser à elle, celui qui me faisait tenir

 

I'll be your man
I'll understand
And do my best
to take good care of you
Yes I will…

 

Je la cherchais desespéremment,

 les yeux clos, je cherchais à l’atteindre…

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184  posté le vendredi 30 janvier 2009 15:42

Sans ouvrir les yeux, ces yeux qui depuis un moment étaient emplis de larmes, je posais ma main sur son épaule, je sentis qu’elle frissonnait. Elle était belle, quand elle frissonnait, j’avais peur d’ouvrir les yeux mais ce contact me réconfortait, elle était là, réelle, si j’ouvrais les yeux, elle serait encore là. Ce n’était pas une apparition… un rêve c’était elle…

Mes yeux s’ouvrirent doucement et mon regard rencontra le sien, et je crois que tout les mots que j’aurais pu dire n’aurait pas réussi à remplacer cet instant où à ne rien dire, nous nous disions tout. Mes yeux lui criaient le manque, l’amour…

 

And you'll look at me
with eyes that see
And melt into each other's arms

And so I come to be the one
who's always standing next to you

Reach out for me
So I can be the one
who's always reaching out for you

 

Je crois que je n’oublierais jamais son regard ce jour là.

Je n’oublierais jamais la façon dont il m’a serrée dans ces bras comme si c’était la première et le dernière fois, le parfum de ses lèvres, ses cheveux mouillés par la pluie battante qui s’était installée depuis une bonne demi heure…

Non, je n'oublierais jamais.

Il était là, comme une évidence.

Il serait toujours là.

Pas besoin de sordides promesses, juste de lui.

Là, maintenant, pour toujours.


Juste besoin d'elle

là maintenant pour toujours

 

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185  posté le vendredi 20 mars 2009 02:54

Jason et moi, un entrelacs de mots, une vague montante de désir, une vague innocente de ses lèvres à mes lèvres, de son assurance triste à ma tristesse assurée…
Un corps à corps sans fin…

Jason et moi, une histoire de rien, de tout et par-dessus tout de vide, à moins que ce ne soit une histoire de vie plus que de vide…

J’étais sa folle, cette femme qui avait sauté du pont, qui sauterait encore… et pour qui tout n’était qu’une question de seconde…

Il était ma dernière seconde. Il était cette éternelle seconde qui me retiendrait toute ma vie, qui devait me retenir de rejoindre les cadavres qui peuplaient le cimetière dans lequel nous nous tenions…

Il était ma raison quand tout n’était que déraison…

Il était tout ce qui restait de moi, tout ce qui resterait après moi hormis le marbre blanc sur lequel trônerait avec fierté mon nom, ma non existence.

Il était celui qui passait ces doigts sur ma peau en larmes, celui qui buvait mes larmes, mes mots, mes délires, ma noirceur fébrile qui le rendait lui esclave de ma fragilité incandescente.

Il était là à nouveau, il m’avait suivi comme on concrétise un pacte avec le diable… Il était là et de toute la douceur, de toute l’horreur que j’avais en moi, de tout ce que j’aurais du lui dire, il ne restait face à sa présence que l’urgence, la peur morbide de perdre encore ou pire l’urgence que seule laisse le désir… Le désir qui remonte comme une vieille vague, une vieille histoire d’amants, d’aimants où comme toujours je joue la démente…

Bois amour, bois à la source du mal, goutte à mon âme… goutte à ma médiocrité, donne moi ton éternité puisque la mienne n’a pas d’existence… Laisse-moi prendre amour, juste une fois…

Baise mes lèvres jusqu’au sang, regarde mon sang… goûte le prix, l’odeur de ce qui coule, hémorragie éternelle dans mes veines… Prends mes cris, ma jouissance si tu peux car aux fond, tu sais comme je mens, tu sais comme je suis fourbe… tu sais comme je pleure, comme mes cris sont notre horreur, le reflet d’un pauvre passé, de mes morts dont mon cœur chérit jusqu’à l’essence… Délivres moi si tu le peux, moi je ne peux…

Baise moi puisque l’on en est arrivé là, ôte tout de moi, ne laisse que l’impur, l’impudeur de mon corps nu sur le marbre d’un des fantômes de mon passé. Imprime le fantasque de ta présence, le fantasme de ta non absence… Rends moi à ma vrai définition… Laisse moi impure te dis je … morte tout ce que tu veux… peu importe, amour, tout importe, tout m’emporte…

Amour, pourquoi cette empreinte triste, pourquoi là… Pourquoi me regardes tu comme si tu venais de me perdre, ne vois tu pas que l’on se retrouve… Du marbre au lit… de la froideur du canon sur ma peau à l’empreinte que tu laisses en moi, il n’y a point de différence…

Mens moi, écris le mensonge de ton bien être sur mes lèvres, disparais amour, laisse apparaitre l’autre, celui qui se cache dans tes yeux… Délie ta langue de ta bouche à la mienne… écris la vérité…

Le péché ne passe pas, il ne s’efface pas, il s’échange, il se remplace, d’un péché à un autre, l’homme ne fait que courir…

Si tu savais comme je te vois, amour… comme je lis avec évidence l’effroi qui t’anime devant les spasmes de mon corps… Si tu savais comme je sens la présence de tes mains qui écrivent sur les monceaux putréfiés de mon être, sur mon corps qui se met à nu en proie à la fureur sauvage, fureur dont tu n’es pas exempt de culpabilité… Tu n’avais pas qu’à revenir… tu n’as plus le choix maintenant, alors vas y tue moi, fais moi vivre encore et encore… maintenant à même le marbre…

 

Les sens en éveil, amour, je te cherche sans te trouver, tes mouvements me perdent, me prenne, j’entends ton cœur, si près du mien… Ils battent à l’unisson se me semble, le mien calquant ton rythme… Je me souviens d’une main le long de ma poitrine mimant le rythme d’un cœur, reproduisant le battement saccadé du sien, c’était comme ça qu’il m’avait dit je t’aime la première fois sans mots, je crois, à moins que ce n’était qu’un je te veux… La violence va si vite, on monte vite les échelons, l’escalade ils appellent ça… Au début le jeu est simple, il suffit de tirer la première balle et après le jeu devient marginal et on tire plusieurs coups. On se ment avec des mots, on s’engouffre dans n’importe quoi pour échapper à hier, à ce que l’on a fait et qu’on refera.

-Elina, je t’aime, je voulais que tu le saches même si tu le sais, je voulais juste que le jour où tu en douteras, que tu te rappelles que je l’ai dit, que je l’ai dit devant les morts, devant les vivants, devant toi. Je voulais que tu saches que je t’aime pour toi, que je te vois, je sais comme tu souffres et j’aime ta souffrance, j’aime chaque nuance…

Moi de fondre sur ces mots, sur ces mots avide de non sens, avide de moi et d’en un murmure de répondre :

-Jason, ne m’aimes pas, ne m’aimes pas comme je ne t’aime pas…comme je t’aime…

Et les larmes, les traitresses de se fondre au baume sucré de ses lèvres, à son odeur envoutante qui glisse entre mes lèvres tandis que je m’épuise à écrire les mots que je ne peux dire de mon corps. Ses bras m’enserrent plus fort, mes lèvres qui cherchent, questionne toujours plus loin… toujours plus près de l’autre… du souvenir intact qu’il éveille en moi… Je ne sens même pas la fraicheur de la nuit qui approche sur ma peau, j’entends juste le froissement de draps de soie, ma vraie première fois. Et Jason qui me rappelle à la réalité…

 

-Tu n’es pas obligé, tu n’as pas à t’excuser, à dire, à rendre mes mots, mes gestes, tu ne me dois rien, surtout pas ton corps ni ton cœur, je connais ta liberté, je lis son prix dans tes yeux. Elina, c’est mois qui suis désolé de t’avoir confessé cela encore une fois, je sais combien mon amour te blesse dans le fond parce qu’il te force à tenir debout et que moi grand égoïste j’en use et j’en abuse quitte à t’user toi.

Jason chaque mot si tu savais comme tu comprends, comme tu entends mes larmes sordides, ma propre absurdité au final.


-Oui je t’aime évidemment que je te rends chaque mot, oui je veux tout de toi et oui encore l’admettre me tue à vivre…

 

Mais voilà je préfères me tuer à vivre que d’éteindre ma souffrance… je préfères t’offrir mon corps étendu sur le marbre froid dans la nuit grandissante, je préfères les fantômes aux aimables formes que réveille ta présence en moi plutôt que de laisser mon corps à l’impudeur publique, plutôt que de l’offrir en pâture à un monde qui n’a jamais voulu de moi, à moins que ce n’aies été que l’inverse. Quitte à me faire dépecer, je préfère de loin l’être par tes soins passionnés que par la vie qui ne m’a déjà que trop pris. Non comptant de m’arracher à moi-même, elle m’a ôté mes parents, mes envies et petit à petit elle a sucé tout ce qui me donnait corps et sens. Alors suce donc ce que tu peux, prends ce que tu veux. J’adore, j’idolâtre au-delà de toi le souvenir que tu fais naitre.

 

 

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186  posté le vendredi 20 mars 2009 03:32

Et je sais, je sais amour, que si tu savais, si tu savais que plus tes doigts glissent sur mon corps, plus ton visage disparait laissant place aux amers regrets de ce que plus jamais je ne pourrais toucher… Les aimables formes, le chaos indéterminé de celui qui fut ma plus grande erreur, ma plus belle bêtise… parce que oui là je me souviens pas de son corps, pas de son nom, juste de son existence. La certitude d’avoir aimé, d’avoir aimé au-delà du possible, au-delà de la frontière, sais tu seulement ce que c’est, toi qui délie mes souvenirs de ta langue… Les vapeurs me reviennent, les mélanges d’éther, les odeurs males presque épicées d’un corps, non au-delà du corps d’une âme que j’ai laissé entrer en moi, me dérober à moi-même pour arriver immaculée de sang aujourd’hui entre les doigts d’un autre cauchemar, d’un nouvel amour, d’une nouvelle histoire d’emprise dont me voici la pauvre éprise, non plus ironique je ne suis que la prise volontaire. Pénètres moi, délie ma langue, délie moi, lies moi à toi pour que je survive au jour suivant. Mon dos qui se cambre sous la paume de ta main, je ne me souvenais pas de tant de douceur, serait une autre main, serait ce le souvenir de mon meurtrier. Lui, il m’aimait à me faire saigner. Il m’aimait à souffrir… Il m’aimait mieux, il m’aimait différemment avec la fougue que créée l’urgence, avec la retenue suffisante pour faire haleter mes désirs les plus profonds. Il m’aimait comme un diable et toi mon ange, tu me le rappelle…

Tes lèvres réclament, elles envahissent les miennes.

elles imposent, elles prient, elles espèrent sur les miennes mortes d’amour qui ne s’épanouissent que entrelacées dans les tiennes. L’odeur du sang qui me revient, elle aussi, un baiser, le premier, je crois, je ne sais pas, sur le marbre, tout parait clair, la lune éclaire, ta beauté ensorcelée faite pour susciter le désir… mais jamais les fantômes ne se taisent et sous mes gémissements, dans ma bouche, je sens l’odeur excitante du sang, le sien, celui du passé… celui des baisers ensanglantés où j’aimais à mordre, à gouter jusqu’au sang l’intériorité d’un autre… Et comme le désir est une longue plainte absente ou l’on croit être deux quand on est qu’un, je te quitte, Jason, pour m’adonner pleinement au souvenir, au sourire du fantôme. Sais tu sur quelle tombe tu me baises, sais tu que c’est le premier cadavre d’une longue série. Sais tu que j’ai tué l’homme qui gis sous moi, le premier cadavre, le plus simple… Et après le cadavre m’a mené à l’amour… l’amour haineux, l’amour passion, l’amour perversion… l’amour sans état d’âmes, celui qui t’ôte de toi pour écrire deux quand tu étais un, qui détruit deux êtres pour n’en créer plus qu’un, l’amour où jamais il n’y a de dominant, jamais non plus de dominé. L’amour qui fais la différence entre baiser comme je te laisse me baiser, comme tu te laisses baiser par moi, et faire l’amour, créer la symbiose. Toi, mon pale fantôme, toi Jason, tu n’es pas la réalité, pas ma réalité, oh si tu l’es… Oh mon incohérence, viens t’écrire encore, viens créer la différence…

Pauvre pécheresse, pauvre enfant que je suis, rends moi à ma naissance, rends moi à lui. Pauvre folle, j’aimerais devoir ne pas t’aimer, j’aimerais ne pas l’aimer lui, ne pas vouloir retrouver jusqu’à son essence, jusqu’à sa trace dans celle que tu dessines en moi… J’aimerais ne pas te posséder, ne pas t’emmener dans mes nuits noires, te donner juste le beau, juste l’exquis mais je sais tu me le dirais mes noirceurs sont plus belles dans leur vérité que le plus beau des mensonges, le plus beau des rêves. Lis en moi, étends toi, prends toute la place, efface le… efface son nom, efface ce que je ne sais pas, ce que je ne veux pas savoir. N’efface rien, créée encore… d’un cycle à un autre, effacer, recréer… Un beau trio, toi, moi, et un fantôme, un pauvre souvenir à l’indéniable présence dont mon corps plaide avec la plus grande véhémence le désir et au-delà du désir les sentiments, l’amour…

Ne t’arrêtes pas amour, ne te retire pas, laisse encore s’épanouir la douleur de ta beauté, la douceur de ton existence, le vide de son absence à lui, l’autre… l’instigateur de tout, celui qui derrière attends pour te poignarder, Jason, si tu savais, je lui tendrais le couteau sans la moindre hésitation et je sais, que de ses doigts expert il te viderait de tout pour m’avoir, me posséder, pour te punir de m’avoir possédée, et de mes larmes, tu sais je te guérirais, je t’élèverais, je te monterais au plus haut rang, te donnant tout ce que je ne posséderais jamais. Ce serait un beau rêve, une belle histoire, je t’aimerais, je lui ferais l’amour. Il te haïrait, tu le lui rendrais sa haine. Je serais sa muse, je l’aimerais et tu m’en voudrais… Un beau trio, qui n’aurait pas existé de toute façon, qui n’existait que parce qu’il me plaisait de le créer, un dernier lien entre le passé et le présent… Je t’avais surement choisi pour ça Jason Cavanno, et j’en étais désolée… Tout était si épuisant, jusqu’à t’aimer, surtout t’aimer en fait. Mais je ne mentais pas quand j’osais prononcer mon amour, non, tout était vrai même ce qui indéniablement allait suivre.

Nous avions fait l’amour à même le marbre, je gisais ivre sur la pierre, tu affichais un sourire béat, des yeux tristes, tu ne demandais rien, seul ton corps exprimait le désir encore… et posait silencieux le verdict, l’indéniable question. Et nous sommes restés là nus sur le marbre à regarder la nuit s’éteindre, le jour se consumer de bout en bout, l’un dans l’autre… Puis ce fut la nuit dans mes yeux, pas dans mon rêve, l’ange était là, beau diable… l’allure négligée, le teint blafard, le regard aiguisé à l’affut traquant sa proie, un large sourire sur les lèvres sincère, vrai qui s’offrait à moi. Ton corps nu, étendu, immortel qui fascinait le mien, l’attirait, le dessinait… Tes doigts sur ma peau, le long de mes reins, ta bouche qui baise mon front, mes joues, mon cou, chaque parcelle de ma peau… mon murmure non pas sur la bouche qui s’étoffe dans un rire délicat auquel tu réponds… La pièce nimbée de blanc, deux corps dans des draps blancs mes doigts qui passent dans tes cheveux noirs, mes yeux perdus dans les tiens, à nouveau ton rire triste, mon pauvre enfant perdu. Tes lèvres toujours plus violentes, toujours plus indécentes qui brisent le sceau des miennes, tes mots qui s’échouent en milles et unes corolles le long de mon corps… De ton corps à mon corps, le rêve passe…

Je t’aime … plus une interrogation qu’une affirmation, rends moi mon amour beau diable, dis les donc les mots qui fâchent, dis les encore, écris les, ne me laisse jamais oublier, n’oublie pas comme je t’aime…

A la vie à la mort… une dernière fois, une dernière voix sortie de la nuit…

Le matin, la fraicheur morose, Lake Geneva, des draps de motel, une odeur evanescentes et des pleurs… Jason… Jason…

Mon ange me regarde le regard nimbé de larmes, un paquet à la main… un doigt, une bague, Cassandre… je reconnais la bague, le vernis sur le doigt…

« le prix de ton insolence. » Pas de signature, juste ces mots… une écriture vaguement familière. La mafia, évidemment, une évidence. Et le beau diable dans tout ça ?

Jason me regarde il ajoute :

 

 -Tu gémissais dans ton sommeil, tu as parlé d’un Dylan, en fait tu as dit Je t’aime Dylan et hier sur le marbre tu l’as répété plusieurs fois pendant que je… tu as dit Dylan pas Jason… je ne t’en veux pas… je… je t’aime… mais je me demande combien tu m’aimes et je me dégoute de te demander. Je ne pleure pas pour le doigt, je m’en fiche, je pleure pour toi… pour nous… pour ce qui t’arrive, ce qui risque de t’arriver. Je vais appeler ma mère, on va te trouver un endroit pour te protéger, je resterais avec toi ou pas comme il le faudra, peut être qu’il serait plus prudent que je reste ici pour laisser de fausses pistes mais dis moi, combien tu m’aimes ?

-Je t’aime d’un amour qui ne se quantifie pas, je t’aime à rester debout, à ne pas te quitter, à ne pas être assez stupide pour te mentir, pour te dire que je t’aimerais toujours, que je n’en ai pas aimé d’autres, que je ne penses pas à d’autres, à cet autre, si c’est bien le diable de mes rêves. Je t’aime, toi, là maintenant, demain, je te le dirais quand demain viendra. N’est ce pas suffisant ?

-Si… ça l’est. Je voulais juste, je voulais… rien, je savais déjà, je voulais que tu le dises parce que moi je t’aime à vouloir te posséder, à vouloir que tu me possèdes, à te garder en vie. Ma mère a des relations, on va s’en servir.



-Non, je ne fuirais pas. J’ai trop couru, je suis épuisée… je veux savoir. Mais si ta mère peut nous aider sur ce point, je t’aime aussi à te garder en vie et à rester en vie pour toi, mais je dois savoir, pour t’aimer pleinement.

Je sais, il est beau le chantage. Pardonne-moi, amour. Mais je dois savoir.

 

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