Le deuil, comment appelle t'on les quatre phases d'un deuil déjà ? Le déni, la colère, le chagrin, et puis l'acceptation. J'en étais encore au déni, au fond c'était ça, c’était bien ça, c'était un deuil, un deuil de moi, de deux ans de ma vie, une perte, une absence.
Les philosophes ne disent-ils pas qu'on subit plusieurs morts dans une seule vie, la mort au fond n'est elle pas juste un processus irréversible qui nous attend tous au détour d'une route. Une partie de nous mourrait à chaque instant, c'était l'évolution. On changeait tous, on ne s’en rendait pas forcément compte, était ce juste un nouveau départ, une nouvelle chance…enfin chance est un bien grand mot, ça n’avait pas effacé le reste, ça n’avait pas effacé le vide à la mort de mes parents. Plus je réfléchissais, plus mon esprit se perdait en vagabondage, moins j'acceptais l'idée, peut être finalement que je commençais à sortir du déni, à voir la situation pour ce qu'elle était. J'avais tenté de fuir, quoi de mieux que Harvard, un des monuments de mon passé, une de ces choses sur la longue liste des regrets, des choses que j'aurais du faire mais qu'un manque de courage a repoussé à demain, et je me retrouvais aujourd'hui au demain que je croyais jamais voir venir, je m'y retrouvais mais j'étais toujours le moi d'avant. Et c’était bien là le problème, l’évolution avait suivi son cours, et moi j’étais moi, en marge, pleine de trou….un peu comme du gruyère, drôle de comparaison, tout ça pour dire que même chez le gruyère, les trous ont du sens, pas chez moi……….plus chez moi.
Qu'est ce que j'avais bien pu faire, qu'est ce qui m'était arrivé ? Qu'est ce qu'on m'avait fait ? Je voulais ma mémoire, je voulais mes souvenirs, je me voulais moi.








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