35  posté le dimanche 06 avril 2008 11:12

Il était 15h pile et Alex venait de faire son entrée dans le bureau de la célèbre rédactrice en chef du Times. Celle ci se tenait assise derrière son bureau, lunettes noires griffée Dior sur le nez. Elle ne s'en séparait jamais, sur toutes les photos, dans tous les magazines, son regard se résumait à une ombre derrière des carreaux noirs et à un sourire qui en disait long sur la préstence de cette femme.

Alex se sentit frémir en croisant son regard, une seconde, une seule seconde en présence de cette femme lui avait suffit pour comprendre ce qu'avait ressenti Andrea quand elle était chez Runway, combien de fois avait elle lu ce livre, combien de fois avait elle ri aux péripéties de la pauvre Andrea et maintenant, maintenant....elle était là, devant cette femme à la tenue impeccable, au sourire démoniaque. Cette femme était la Miranda Priestly du Diable s'habille en Prada, elle n'en démordrait pas.

 Abe Cavanno la jaugeait du regard d'un sourire certes des plus agressifs mais néanmoins charmant, un sourire auquel personne ne peut dire non. Abe Cavanno après un long silence commença alors son interrogatoire, interrogatoire visé essentiellement à déstabiliser la pauvre Alex et peut être à l'humilier aussi car il dépassait de loin les questions professionnelles habituelles. Au bout d'une heure qui sembla une éternité à la pauvre Alex totalement effondrée sur sa chaise, Abe bailla comme lassée par le petit jeu qu'elle avait initié avant de cracher ses ordres dans l'interphone.

 

-Katharina, apporte les dernières éditions du New Yorker, du New York Post, Herald and Post, Telegraph .....comme toujours et précise à Sabine que je veux sa chronique sur mon bureau dans dix minutes. prends moi un café aussi, un café serré sans sucre avec une pointe d'arôme de vanille. Oh et j'allais oublier je veux les articles de la page sports et de la page jeux aussi, et bien évidemment, si tu pouvais m'envoyer Gary qui s'occupe de la mise en page de la une au plus vite....précise lui qu'il a interêt à ramper plus bas que terre...les gros titres, ça doit sauter à l'oeil interpeller, ce type n'a aucun gout....Abe leva les yeux au ciel et s'aperçut alors qu'Alex était encore là...Exaspérée elle se mit à hurler...quoi t'es encore là , déguerpis, dépeche toi, hors de ma vue...hop hop hop...Katharina....réponds..........Oh quelle gourde, que des incapables...... hurla t'elle de plus belle en raccrochant violemment. 

 

lien permanent

36  posté le dimanche 06 avril 2008 12:40

Alex sortit complètement désespérée, alors c'était foutu, elle n'avait pas le poste...Il était évident que si avoir le poste signifiait devenir le toutou de cette fille, elle n'avait pas les compétences. Peut être aurait elle du lui tenir un peu plus tête. Peut être était il encore temps de faire demi tour. Elle n'avait plus qu'à ramper devant son père, rien que l’idée lui était insupportable, dans tout les cas, elle ramperait devant son père devant cette femme, elle avait perdu, échoué, il fallait se rendre à l’évidence. Elle se retourna une dernière fois vers le bureau de Mme Cavanno comme pour dire adieu à son rêve quand Katharina se pointa devant elle l'empechant de partir, une pile de journaux dans la main qu'elle déposa négligeamment sur son bureau en reprenant son souffle.

 

Hebergeur d'images

Alex regarda la pauvre jeune femme respirer profondément, plus Alex la regardait et plus elle l'enviait même si à bien y réflechir cette Katharina avait le job le plus pourri qui soit, c'était plus fort qu'elle, elle aurait voulu être à sa place, juste toucher à son rêve....Katharina lui sourit tout en regardant successivement sa montre, le bureau d'Abe et le visage d'Alex ....puis lui débita à vitesse grand V la meilleure et peut être aussi la pire nouvelle qui puisse être pour Alex :

 

-Tu as le poste, tu as mieux que ça, Cole Watson, tu as Cole Watson, il a viré son assistante ce matin même, c’est un poste fixe, c’est mieux que d’écrire de petits articles de temps en temps, c’est un poste fixe avec un salaire fixe. Des tas de filles se damnerait pour ce poste. Bien évidemment, ton poste te confère un droit de publication à condition bien sûr que tu déniches un sujet digne d’intérêt....Demain matin 6h, je te ferais un topo, histoire de te présenter les lieux. Je suis ravie de voir des têtes nouvelles, tu vas voir, ici c’est génial….alors bienvenue. Sur ce comme tu le vois j'ai du boulot, la grande pretresse attend son café qui ne devrait pas tarder enfin j'espère....

lien permanent

37  posté le dimanche 06 avril 2008 15:00

Alex explosa de joie, les choses prenaient soudain la meilleure des tournures, elle venait pour un poste de pigiste, un poste de rien du tout, le bas de la chaine alimentaire et elle se retrouvait avec la denrée la plus fine, celle qu'elle avait toujours rêvé de goûter : Cole Watson.

 

-C'est la nouvelle ?

- ouais, Alex la nouvelle assistante de Cole.......t'es géniale, t'as le café et ta critique ciné pour la semaine t'imagines même pas le service que tu me rends....

-J'ai passé la comission à Gary, il était au café...je te pose tout ça dans le plateau ok...par contre si tu pouvais m'envoyer par mail le résumé du brief de ce matin et les dernières notes de la sorcière et ...

  

C'est à ce moment qu'une voix stridente des plus désagréables se propagea au moins à tout l'étage en provenance du bureau de Mme Cavanno :

-Katharina, Katharina, ici tout de suite.

 

Katharina rappliqua courant presque, le plateau dans les mains, elle avait l'air si ridicule dans sa petite jupe serrée, ses chevilles se tordant à chaque pas, ses talons claquant bruyamment sur le sol, le café manquant d'échouer sur le sol. La pauvre Katharina semblait si fragile devant une telle femme. Alex, face à la scène était à la fois amusée et triste pour Katharina, Abe Cavanno en avait fait son instrument, c'était dur à dire mais dans ce monde, un assistant des plus haut placés n'a que son salaire pour être envié des autres, il fait le pire boulot, il se plie aux caprices, flatte l'ego de ces gens qui se croient au dessus de tout parce qu'ils côtoient les hautes sphères. Abe en faisait partie, elle se tenait là accoudée au bureau regardant son assistante d'un air sévère et dépité.

 

Hebergeur d'images

 

Ouais la réalité n'a souvent rien du rêve mais Alex ne l'entendait pas de cet avis et restait dans son rêve idolâtrant cette femme tyrannique qui de derrière son bureau gouvernait, impartiale toute une machinerie qui s'imposait au commun des mortels la façon de penser du moment.

lien permanent

38  posté le dimanche 06 avril 2008 15:58

-Quelle femme, non ? Impressionnante, satanique, envoutante, le monde se l'arrache.....et dire que moi je la mets dans mon lit quand je veux, ça gâche tout, au lit crois moi, elle en est réduite à n'être qu'une femme comme les autres, tellement pitoyable.......

Sa voix, sa voix suave, sensuelle et assurée aurait suffit à combler Alex mais l'avoir là en face d'elle, son parfum, son aura emplissait la pièce. Cole sortit une cigarette de sa poche et la coinca de la manière la plus sexy qui soit entre ses lèvres, il sortit son briquet et l'approcha de ses lévres....Alex buvait chaque mouvement...chaque miette de lui. Si désinvolte, si froid....et en même temps il avait ce truc, ce truc indéfinissable qui le rendait lui même unique....il était comme la fumée qui s'échappait doucement de ces lèvres, inébranlable, intouchable, inexplicablement attirant....

 

Hebergeur d'images

 

 

Alex n'en revenait pas, elle restait scotchée face à l'homme qui se tenait là en face d'elle, Cole Watson, Cole Watson s'adressait à elle. Waouh.....c'était tout ce qui lui venait à l'esprit, parfois le vocabulaire le plus limité suffisait à exprimer les choses les plus fortes, parfois un long silence avait tellement plus de valeur et cet homme était de ceux qui inspirait un long très long silence. On ne pouvait pas ne rien ressentir, il fallait choisir entre une admiration ou une aversion des plus fortes. Il avait un tel charisme, et un regard qui vous transperçait, vous rongeait de l'intérieur. Aux hommes, bien souvent il inspirait une certaine aversion mêlée de crainte et malgré tout du respect, peut être n'était ce pas vraiment du respect, plus de la terreur, une peur profonde de cette homme qui pouvait vous briser en une seconde et qui ne s'en privait pas. Il aimait cela, réduire les gens, être le meilleur, à ce jeu les femmes étaient son terrain de chasse préféré....et il était surement aussi le leur seulement ça elles avaient toutes bien du mal à l'admettre...

 

Hebergeur d'images

 

 

Son attitude, son arrogance assurée, son sourire ravageur, son phrasé des plus saignant faisait de lui, l'un des hommes les plus influents de la ville si ce n'est de l'état. Tout en lui inspirait des sentiments forts et durables, on le haïssait, on l'aimait, tout sauf l'indifférence.... et puis même détesté, il s'en moquait, haine et amour ne sont ils pas similaires on ne peut haïr que ce qu'on a aimé et que l'on aime encore..... La haine est juste un refuge pour se cacher de l'amour. C'était sa vision des choses, un peu noire, un peu torturée. Il aimait dans la destruction, il aimait dans le pouvoir et le luxe, il s'amusait de tout le reste, des gens, des choses. C'était ça qui faisait sa force et sa renommée, c'était ça qu'Alex admirait inconsciemment. Ce poste représentait tant pour elle, un défi, le début de l'indépendance ou peut être celui de la dépendance.

 

lien permanent

39  posté le vendredi 11 avril 2008 22:53

Alex ne s'attendait pas vraiment à ça, elle était là coincée dans l'ascenseur qui menait au 14ème étage de la rédaction du Times, là où se trouvait l'imposant bureau de Cole Watson. Elle tenait un plateau repas dans la main gauche, un gobelet de café dansait sur le dessus du plateau, une pile de feuille dépassait sous le plateau manquant à chaque seconde d’être trempée de café et dieu sait que renverser son café à toujours le don d’énerver surtout quand il se retrouve sur des documents fraichement imprimés que votre patron attend dans la seconde, et qui puisait d'un patron comme celui là.                                          

La main droite n’avait rien à envier à la gauche, elle tenait son téléphone portable et une pile gigantesque de journaux et magazines.

 

5ème étage : les chiffres ne montaient pas assez vite.....Alex pestait contre l'ascenceur, contre les gens qui l'entouraient, contre ceux qui descendraient inévitablement au prochain étage, contre le type qui venait de monter dans l'ascenseur et qui aller au 6ème....

 

 

            Hebergeur d'images

 

 

A mille lieux du rêve……..se retrouver coincée dans un ascenseur surchargé, hors d'haleine, le regard fixé sur des chiffres qui défile, la peur au ventre que votre patron ne trouve le repas trop froid ou bien le café trop aigre, chose qui signifierait l’impensable : tout recommencer et surtout affronter son regard déçu, son sourire, ses phrases mordantes, piquantes qui vous touchent plus que de raison....

 

2 semaines qu'elle était là, elle avait tenu deux semaines, c'était à peu près dans la moyenne.....être assistante de Cole, c'était considérer chaque journée atroce comme un sursis.

 

9ème étage, l'ascenseur marqua une pause comme à tous les étages et Alex poussa un léger grognement, l'ascenseur était bondé, et il y avait toujours des gens pour monter ou descendre, le café tanguait  sous le brassage de gens et les courants d'air qu'ils provoquaient.

 

12ème étage, plus que deux.... plus que deux.... et elle serait face à lui....

lien permanent



 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | IPHONE | Web |
Jeux du moment : Bioshock 2 PC | Bioshock 2 PS3 | Call of Duty : Modern Warfare 2 360 | F1 2009 Wii | Assassin's Creed II : Discovery DS